Edito Abya Yalla (américa)

Abya Yalla, c’est le nom que le Conseil mondial des peuples indigènes a choisi en 1977 pour renommer ce grand continent qui communément porte le nom d’un marin, précurseur de millions de colons qui viendront changer la face de ce territoire pour en faire la première puissance capitaliste et libérale au nord, et au centre et au sud, des territoires à exploiter sans relâche.

Et nous, après 19 jours de transatlantique, nous arrivons là aussi, sur la trace de ces milliers de bateaux ayant emprunté la même route depuis plus de 5 siécles. Tous ayant traversé avec des intentions différentes, mais peu souvent bienveillantes. Et nous ?

Nous, comme vous avez compris, on se pose des questions, mais ce qui est bien c’est que à cinq on peut ébaucher des réponses collectives. Tenter d’avoir un regard. Débriefer des aventures et situations dans lesquels on s’est retrouvé.es. Alors, après le Sénégal où nous avons pu sentir ce qu’est un territoire pas encore complétement entré dans le schéma libéral contemporain, en arrivant au Brésil ce fut plutôt le choc de se sentir dans « 50 nuances de capitalisme » avec son lot d’inégalités démentielles, et tous ses paradoxes.

Alors, port après port dans ce ‘village-monde’ qui possède de nombreuses règles communes et dorénavant un bout de culture commune, c’est parfois un petit effort de ne pas vivre un ‘etorno retorno’ et sortir des sentiers bateaux, pavés par les marinas et offices de tourismes. Mais à chaque escale les amitiés se font ! … Puis nous nous en allons … Ce voyage est un éternel au revoir.

Mais le monde est parcouru par une petite communauté de voiliers privilégiés. Alors souvent on se croise, et parfois on se revoit, il faut dire que le contingent Français avec sa composante bretonne prend une bonne part de ce petit monde. Alors quand on croise Beaj, voilier a composante entièrement féminine et bretonne au Cap Vert avant de partir en Transat, Lison et Katell les enregistrent pour nous conter leur histoire !

Puis, vous pourrez entendre la réalisation sonore de Katell sur une anthropologue-capoeiriste de la vallée de Capão dans l’État de Bahia au Brésil, qui parle de la place des femmes dans cette pratique ancrée si fort.

Côté papilles, au Brésil nous aurons également gouté avec délice le manioc sous de nombreuses formes, et en Argentine, par son histoire spécialement connectée à l’Italie (mais ça, c’est une autre histoire…), on a retrouvé des sensations gustatives plus connues et on vous partage la recette des canelones de Sofia.

On vous met aussi quelques belles photos Patagones parceque quand même c’est fou comme endroit.

Pour terminer, car c’est tout de même une fin pour nous, tout en sachant que ce sont aussi de nombreux débuts, voici un enregistrement que nous avons réalisé lors de notre dernière navigation à 5 (avant un bon moment) avec l’équipage ‘historique’ de la Baleine. Nous y développons un peu le(s) pourquoi et le(s) comment(s) de la fin de ce cycle qui a été et restera un des moments forts de nos vies.

Dans quelques temps nous partagerons un podcast relatant l’experience que nous avons eu du cocapitanat et de ce qu’a pu être notre vie a bord a 5 sur un voilier de 12,5m sur cette période de 2 ans et demi.

En attendant, on vous dit peut-être a bientôt pour certain.e.s  d’entre nous et vous et on vous embrasse.